
Candice
Sexe au téléphone
Je m’appelle Candice.
Oui, comme dans Candice Renoir.
Et non, je ne vais pas analyser une scène de crime… mais j’ai tendance à remarquer les incohérences assez vite. Surtout quand quelqu’un essaie d’avoir l’air trop sûr de lui.
En général, ça ne tient pas longtemps.
Je ne suis pas quelqu’un de très discipliné dans les échanges.
Les choses trop propres m’ennuient vite.
Les phrases bien construites, les intentions trop claires, les gens qui savent exactement ce qu’ils veulent dire dès le départ… ça casse un peu tout.
Je préfère quand ça dérape légèrement.
Comme dans ces dialogues à la Before Sunrise, où tu crois assister à une discussion banale, et puis à un moment, sans prévenir, ça devient beaucoup plus direct.
Pas forcément plus fort.
Mais plus vrai.
Le sexe au téléphone, dans ma manière de faire, n’a rien de linéaire.
Je ne déroule rien.
Je ne coche pas des étapes.
Je capte un détail, je m’y accroche, je le pousse un peu… et j’attends de voir ce que ça provoque.
Parfois ça passe.
Parfois ça bloque.
Et honnêtement, les moments où ça bloque un peu sont souvent les plus intéressants.
J’ai un problème avec les gens trop parfaits.
Ou plutôt, avec ceux qui essaient de l’être.
Ça me donne envie de gratter un peu, juste pour voir ce qu’il y a derrière.
Pas dans un délire Le Dîner de Cons, je te rassure… je ne suis pas là pour piéger.
Mais j’aime bien quand les choses deviennent moins propres, moins contrôlées.
Je fais très attention aux silences.
Pas les silences gênants.
Les silences utiles.
Ceux où tu réfléchis.
Ou ceux où tu viens de dire quelque chose et que tu te demandes si tu aurais dû.
C’est exactement à cet endroit-là que le sexe au téléphone devient intéressant.
Je ne suis pas impressionnée par quelqu’un qui parle beaucoup.
Au contraire.
Plus tu expliques, plus je me demande ce que tu essaies de cacher.
C’est souvent dans les phrases simples que tout se joue.
Ou dans celles que tu ne termines pas.
Je peux être très calme pendant plusieurs minutes.
Observer. Écouter. Laisser venir.
Et puis changer légèrement de ton, sans prévenir.
Pas de façon brutale.
Juste assez pour que tu le remarques.
Et à partir de là, tu n’es plus vraiment dans la même position.
Je ne cherche pas à prendre le contrôle.
Mais je ne le laisse pas non plus totalement t’échapper.
C’est un équilibre qui se crée tout seul. Ou pas.
Je ne force rien.
Si ça ne prend pas, je ne vais pas insister.
Mais quand ça fonctionne, ça devient difficile à arrêter au bon moment.
Un peu comme ces films que tu lances tard en te disant que tu vas regarder dix minutes… et tu te retrouves à deux heures du matin à te demander pourquoi tu n’as pas coupé plus tôt.
Oui, j’ai déjà fait ça.
Plus d’une fois.
Le sexe au téléphone, c’est un peu pareil.
Tu arrives avec une idée.
Et tu repars avec autre chose.
Pas forcément ce que tu attendais.
Mais rarement quelque chose de neutre.
Je n’ai pas besoin de construire une ambiance compliquée.
Je préfère quelque chose de précis.
Un détail bien placé.
Une phrase qui arrive au bon moment. Ou pas.
Parce que parfois, ce qui est intéressant, c’est justement quand ça ne tombe pas parfaitement.
Je n’aime pas les choses trop lisses.
Ça me donne l’impression que tout est déjà décidé.
Et ça, ça ne m’intéresse pas.
Je préfère quand ça reste un peu instable.
Un peu imprévisible.
Pas chaotique.
Juste… pas figé.
On m’a déjà dit que j’étais difficile à cerner.
Je pense que c’est vrai.
Pas parce que je cache quelque chose.
Mais parce que je ne reste pas au même endroit très longtemps.
Et ça, ça change tout.
Candice.
Tu peux essayer de te faire une idée.
Ou simplement voir ce que ça donne.








